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Discussion: Cinéma (actualité, impressions, etc).

  1. #13071
    Vieux briscard de la route Avatar de Yploïde
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    juillet 2013
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    allez voir lalaland il est vraiment top

  2. #13072
    As du volant Avatar de Alex Anderson
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    septembre 2009
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    Ahah comme tu m'as titillé.

    Rien sur le genre du film de guerre mais j'ai trouvé ça. Faut que j'arrête ils sont me bloquer mon abonnement lel.
    Avec toutes leurs archives trop de trucs à lire, là j'ai trouvé un article sur Rome et un au sur les Sopranos de 2007.

    Ca sera peut être pour 2017.

    Bon réveillon à tous.

    Cinéma à l’américaine

    par Sylvestre Meininger 0



    Cinéma à l’américaine



    Depuis le 11 septembre, des films comme Opération espadon, Nous étions soldats ou Dommage collatéralmontrent qu’Hollywood n’hésite pas à se réapproprier les aspects les plus conservateurs de la politique étrangère de l’administration Bush. Pearl Harbor et Gladiator (1) adoptaient précédemment cette idéologie militariste, unilatéraliste et sexiste revenue en force dans les médias américains. Mais, si la réaffirmation de la domination internationale américaine se trouvait bien au coeur de ces films, c’était sur un mode infantile et hypocrite. Après la guerre du Vietnam, l’individualisme régressif des années Reagan et la guerre du Golfe, le cinéma américain ne croit plus qu’à moitié au mythe d’une Amérique cimentée par une communauté d’intérêts et de vertus. A ce titre, l’innocence forcée dePearl Harbor, Star Wars : l’Attaque des clones ou Spider Mantrahissaient déjà autant l’opportunisme commercial que le doute.
    Produits à destination du grand public, ce type de films demeurent, pour les enfants, des sources d’émerveillement, mais développent différents modes de distanciation adressés uniquement aux adultes. Face à ce cinéma du second degré, les élites culturelles européennes, françaises en particulier, ne semblent disposer que d’outils conceptuels émoussés. Les représentations sont tantôt envisagées comme des productions culturelles répondant à des besoins idéologiquement neutres ; tantôt comme miroir de la société, les films américains devenant l’expression littérale de l’impérialisme de Washington. Quant à la classification cinéphile entre « bons » et « mauvais » films, elle se contente d’élire les « bons » parmi ceux qui affichent leur mépris pour la culture de masse. Pour dépasser ces mornes alternatives, il est possible d’envisager le cinéma pour ce qu’il est : une représentation qui ne montre pas la réalité, mais la commente en adoptant des stratégies discursives et un point de vue précis.
    Un président déterminé

    Comme Titanic, Pearl Harbor raconte une histoire d’amour sur fond de catastrophe inéluctable (2). Le potentiel émotionnel de ce genre de récit tient au fantasme d’une Amérique incapable de protéger ses ressortissants, civils et militaires, travaillant sur une île partie intégrante du territoire américain, contre l’attaque surprise d’une puissance étrangère non blanche. Après avoir chèrement payé leur insouciance par l’humiliation et la souffrance, les Etats-Unis relèveront la tête grâce à la détermination d’un président fort, qui choisit de porter la guerre aérienne chez l’adversaire. Pearl Harborn’a anticipé ni le 11 septembre ni les bombardements en Afghanistan. Mais, en tant que représentation, c’est bien de l’Amérique actuelle qu’il parle et non de celle de la seconde guerre mondiale. L’attaque japonaise sert de matière première à l’élaboration d’un fantasme impérialiste éminemment contemporain.
    Une telle analyse de Pearl Harbor passe à côté du dispositif esthétique d’un film saturé par le kitsch, où tout sonne faux. Si Pearl Harbor regarde en arrière, c’est moins vers les faits historiques que vers le cinéma des années 1940 et 1950, auquel le film rend un hommage sirupeux, décuplé par son esthétique publicitaire. Statufiées par leur coiffure et leur maquillage, les actrices du film incarnent à la fois des personnages et des clones de Lauren Bacall ou Veronica Lake. Engoncés dans leurs uniformes ou dans leurs chemises hawaïennes, les acteurs déclament des répliques surannées sans jamais nous laisser oublier qu’ils jouent d’héroïques pilotes de films en noir et blanc.
    Deuxième mode de distanciation, Pearl Harbor affecte de croire qu’il est possible de raconter une histoire en adoptant le ton d’un comic book des années 1940. Jouant l’émotion et le patriotisme jusqu’à l’outrance, mais totalement dépourvu de sincérité, le film assume son infantilisme, là encore avec une emphase qui vient désamorcer la naïveté qu’il prétend retrouver.
    Enfin, comme tous les films à grand spectacle produits depuis une quinzaine d’années, Pearl Harbor est fasciné par sa propre technologie et sa puissance financière. Tel un bateleur, la caméra rappelle continuellement au spectateur les sommes folles investies dans les reconstitutions, et en particulier dans les images de synthèse. En attirant ainsi l’attention sur sa propre maîtrise du visuel, Pearl Harbor se rapproche du tableau hyperréaliste. Par exemple, lorsqu’il présente, en temps réel et en un seul plan, le trajet d’une bombe depuis son largage jusqu’à sa pénétration dans la cible, le film suscite autant l’immersion dans son univers fictif (« c’est comme si on y était ») qu’une prise de recul admirative (« que c’est bien fait »).
    Ces trois modes de distanciation se combinent pour construire un public schizophrène, invité à s’investir émotionnellement dans les personnages, tout en ayant l’impression que ce qu’il voit est destiné aux enfants. Coincé entre récit bien construit, cinéphilie régressive, griserie technologique, ton infantile et sensations fortes, le spectateur adulte ne peut s’oublier dans le film. Constamment placé face à lui-même, il est invité à adopter une attitude narcissique aussi confortable que stérile.
    Gladiator pousse ce mode de fonctionnement à sa conclusion logique. Seul rempart de la civilisation face à la barbarie, Rome utilise son écrasante supériorité technologique pour maintenir l’ordre international, au prix du sacrifice de ses soldats. L’un d’eux, le général Maximus, tombe en disgrâce après un coup d’Etat. Habile, le nouvel empereur s’empresse de satisfaire la plèbe en réinstaurant les jeux du cirque. Devenu gladiateur, Maximus se dressera contre le démagogue et parviendra à le vaincre dans l’arène, c’est-à-dire en employant le seul langage que la population de Rome comprenne, celui du spectacle violent.
    Ce fantasme de l’Amérique comme gendarme planétaire, typique de l’unilatéralisme qui prévaut aux Etats-Unis, sert de toile de fond au développement d’un discours plus subtil. Sur le plan esthétique, le film adopte l’attitude inverse de Pearl Harbor par rapport à la culture de masse et choisit de rompre avec la tradition du péplumhollywoodien. Inspirés de la peinture néoclassique du XIXe siècle, la photographie, les décors et les costumes s’opposent avec affectation au Technicolor clinquant des superproductions des années 1950 et 1960 (3). Mais ce souci de distinction n’est que la manifestation visuelle d’une fascinante mise en abyme du rapport que les élites américaines entretiennent avec la population de leur pays.
    Le film de Ridley Scott est construit sur une opposition entre le champ de bataille, où la violence militaire est authentique, civilisatrice et héroïque, et l’arène, où la population se repaît du spectacle falsifié, gratuit et voyeuriste de cette violence. Comme l’a compris le nouvel empereur, les Romains ont oublié la véritable violence sur laquelle repose leur puissance, et vivent désormais dans le monde virtuel du spectacle de masse. Mais il ne s’agira jamais pour le héros, et les membres de l’élite éclairée qui se rallient à lui, de sortir la population de sa somnolence. Au contraire, le film affirme qu’il est nécessaire de guider le peuple à son insu. En se sacrifiant pour tuer l’usurpateur dans l’arène, Maximus accomplit donc un coup d’Etat qui sauve la population d’elle-même. Et, à la fin du film, seuls l’élite et le spectateur savent que le nouveau régime est plus juste que le précédent. La plèbe, elle, a simplement validé le changement d’administration par ses applaudissements. Le film place ainsi le spectateur dans une position de supériorité par rapport au public de masse, hypnotisé par les spectacles violents dont on l’abreuve. Mais, au-delà de ses diverses prétentions, Gladiator est bien un film violent. Incommodé par la stupidité qu’il attribue au public (dont il a besoin pour exister), Ridley Scott cherche à communiquer son propre dandysme au spectateur.
    Candeur et résignation

    On peut penser que ce phénomène est propre à l’industrie hollywoodienne uniquement, et non au « cinéma d’auteur ». Mais il s’agit moins d’une stratégie commerciale que d’un trait culturel fort, qui s’étend de manière transversale à tout le cinéma américain, et que l’on retrouve chez les auteurs consacrés au cours des années 1990 : David Lynch, spécialisé dans le pastiche caustique du film d’adolescents des années 1950 dans Blue Velvet, de la série télévisée dans Twin Peaks, ou des films de Marguerite Duras et d’Alain Robbe-Grillet dans Lost Highway ; Tim Burton, qui se réjouit de l’extermination de l’Amérique profonde dans Mars Attacks ! ; les frères Coen ou Quentin Tarantino, dont les films ne reposent que sur la manipulation virtuose et distanciée des codes du cinéma de genre américain, doublée d’une condescendance affichée pour leurs concitoyens.
    A travers la citation, la référence, le « jeu sur les conventions » si chers aux critiques, ce cinéma ne fonctionne que sur le plaisir de l’entre-soi, de la reconnaissance mutuelle, et surtout de l’exclusion de l’Autre, l’inculte qui ne saisit pas l’allusion parce qu’il essaie de comprendre l’histoire. Ici, le réel et le récit - qui ne peut exister que dans sa relation avec le réel - perdent leur importance au profit du geste esthétique, qu’il prenne la forme de la citation, du kitsch, de la virtuosité, de la mise en abyme. Pearl Harbor ou Gladiator ne vont pas aussi loin, mais tous les deux ont un projet identique : tourner leur spectateur vers lui-même. Par le plaisir de la régression pour le premier, ou le sentiment de supériorité pour le second.
    Sur le plan formel, ces films sont le produit de la contamination du cinéma américain par les grands tics du postmodernisme (distance, hyperréalisme, fascination/répulsion pour la culture de masse, auto-référentialité, mise en abyme, etc.). Leur vision distanciée du monde génère une apathie sophistiquée qui multiplie les sources de revenu de l’industrie des médias, tout en endormant l’intellect par la flatterie. En d’autres termes, leur travail de distanciation s’oppose à celui de Bertolt Brecht, qui expulsait le spectateur hors du récit pour lui permettre de découvrir les réalités sociales qui fondaient ce récit.
    Au contraire, ce cinéma construit un monde de résignation. En plaçant le spectateur dans la position du dandy qui regarde sans jamais être dupe, il affirme que le fait de s’investir dans quoi que ce soit, un film ou un idéal, est la marque d’une candeur embarrassante. Et ce qui se passe au cinéma n’est que la version luxueuse de ce qui se passe à la télévision, que ce soit à travers le travail de déréalisation pratiqué quotidiennement par les actualités ou la spirale schizophrène de la télévision-réalité. « Loft Story » opère aussi grâce à la reconnaissance par le spectateur d’aliénations qu’il partage et méprise en même temps.
    Dans ces nouveaux systèmes de représentation, les réalités humaines et les utopies ont laissé place à la régression et au sentiment de supériorité. Ces deux ingrédients construisent l’individu-consommateur idéal, obsédé par la volonté de sortir du troupeau, conscient de sa propre attitude régressive, et suffisamment cynique pour les assumer.

    Sylvestre Meininger
    Traducteur et chercheur.

  3. #13073
    As du volant Avatar de Kainz
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    J'vais commencer le cinéma de Bergman, hormis Persona que je vais lancer en premier, vous avez d'autres films à me conseiller?

    J'me suis penché sur la filmo de Lynch aujourd'hui et j'ai l'impression de manquer quelque chose avec lui, j'ai vu Mulholland Drive 2 fois y'a un moment mais aucun déclic, vous en pensez quoi de ce réal?

    Sinon Lars von trier va sortir son nouveau film en 2017 avec pour sujet l'histoire d'un serial killer, déjà que l'univers du cinéaste est plutôt sombre, je suis curieux de voir ce qu'il va en faire :')


  4. #13074
    As du volant Avatar de Alex Anderson
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    Lynch pour moi c'est plus Blue Velvet et Lost highway. Et surtout Twin Peaks. Mulholland faut ce lever tôt pour saisir. J'y arrive pas perso.

  5. #13075
    Patrouilleurs Avatar de Wolfgang
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    Eraserhead et Elephant Man si tu veux voir sa période plus chelou. Twin Peaks c'est vraiment une série géniale. Lynch est intéressant car il a bousculé le cinéma mainstream et a toujours un côté weird et décalé. Tout n'est pas à garder mais tu peux pas te tromper en regardant ses films.

    Bergman, tu as "Hours of the Wolf" même si moins connu qui est vraiment intéressant, "Through a Glass Darkly", "Wild Strawberries" dans un genre un peu plus jovial, et peut être le plus connu "The 7th Seal" qui se passe au moyen age. La scène de la mort qui joue aux echecs est un grand classique. Le premier que j'avais vu était "Summer with Monica" qui est aussi excellent.


  6. #13076
    As du volant Avatar de Kainz
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    Merci des conseils! C'est ce qu'on me dit souvent sur Lynch, c'est frustrant car j'ai l'impression que y'a que moi qui le voit pas, je vais regarder ça de plus près, Blue Velvet ou Erasehead sera le premier je continuerais sur le reste ensuite et peut être que Mulholland Drive me paraitra plus clair :)

  7. #13077
    As du volant Avatar de Kainz
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    Petit panorama de ce que qui nous attends et de ce que j'attends en 2017, et vous?

    Si je devais faire un top ça serait

    1- The House That Jack Built
    2- Noctural Animals
    3- American Honey
    4- Grave
    5- La La Land

    Noctural Animals Tom Ford



    Moonlight Barry Jenkins



    Gold Stephen Gaghan



    American Honey Andrea Arnold



    Silence Martin Scorsese



    La la land Damien Chazelle



    Dunkerque Christopher Nolan



    Grave Julia Ducournau



    Ghost in the shell Rupert Sanders



    Quelques minutes après minuit Juan Antonio Bayona



    Suspiria Lucas Guadagnino

    Weigthtless
    Terrence Malick

    The House That Jack Built Lars Von Trier

    La Tour Sombre Nikolaj Arcel

    Under The SilverLake David Robert Mitchell

    Mother Darren Aronofsky

    Les Frères Sisters Jacques Audiard

    The Death and Life of John F. Donovan Xavier Dolan

    Blade Runner 2049
    Denis Villeneuve


  8. #13078
    Jeune conducteur Avatar de mambaout
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    Excellente liste. La comme ca de tete, je vois rien a ajouter. Juste Star Wars VIII hehe.

  9. #13079
    As du volant Avatar de Kako
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    Bonne liste Kainz, même si perso je préfère toujours attendre d'être au ciné pour voir les BA, sans a priori

    Sinon vu ces deux films today pour ma part

    The founder, Biopic sur la création de Mcdo. Porté par un super Keaton, quelques passages vraiment sympas
    6,5/10

    Neruda, faux Biopic d'un réal que je connaissais pas. Univers bien marqué, film qui se perd parfois un peu dans sa folie.
    Super images malgré tout.
    7/10
    Mes PA
    http://www.commeuncamion.com/forum/petites-annonces/bonnes-affaires-(lanvin-sandro-apc-)/

  10. #13080
    As du volant
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    Je ne regarde plus les BA.
    Oxfords not brogues.

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